Hommage a HICHEM BAHRI
Je tiens tout d’abord à remercier tous les enfants de Hichem (c’était comme cela qu’il appelait ses élèves) précisément tous ceux qui sont installés dans les services hospitaliers de la république et tous ceux qui sont dans le privé pour avoir organisé ce congrès franco tunisien de chirurgie de la main je sais que ce n’est pas facile.
Je remercie la présence de nos chers amis de longue date européens et arabes, je remercie toutes les autorités des institutions de la santé publique et le conseil de l’ordre des médecins qui à l’occasion de son cinquantenaire a décoré Hichem de la médaille du mérite ordinal et a classe Hichem parmi la liste des 97 noms et ce en qualité de mérite et compétence ; merci.
Je ne sais pas comment exprimer ma fierté d’être la femme de Hichem Bahri d’une part et ma douleur d’avoir été précocement privé d’un de mes organes ; et dans ce cas précis je vais dire de ma main. Je n’ai pas compris comment en si peu de temps, d’autant plus qu’il ne nous en a pas beaucoup donné, Hichem n’est plus à nos côtés ; mais paradoxalement cette douleur n’a pas dure très longtemps je vous rassure et j’insiste pour vous le dire que la fierté de porter son nom et la reconnaissance des gens sont omniprésent dans mon quotidien.
Dans la vie il y a deux sortes de gens, certains quand ils en font un peu croient en avoir fait beaucoup et d’autres lorsqu’ils en font beaucoup croient en avoir fait un peu. Hichem s inscrit dans la deuxième lignée, ennemi du clinquant il était impressionnant de modestie et tout ce qu’il faisait de grand c’était normal. Tout le temps il disait « c’est normal je n’ai rien fait, j’en ai pas fait assez ». Il ne se passe pas un jour où je ne fait pas face à des cœurs brisés, des malades anéantis, des familles éplorées, des sportifs plein d’amertume à l’idée que Hichem ne soit plus là pour les soulager. En fait la vie n’est devenue supportable que grâce à cet énorme capital qu’il nous a légué à moi et mes enfants ; c’est pour cela que je n’aime pas le mot veuve car sa présence est très forte partout ou je me trouve et ses innombrables amis sont toujours prêts a se rendre utile et même ceux que je ne connais pas.
Ainsi la sollicitude et les dons de Hichem qui fut beaucoup utile pour ces élèves et pour l’intérêt national, ce patriote cet ami qui sans cesse donnait sans jamais rien demander, ne restera pas qu’un simple souvenir, il restera à jamais vivant à travers tous ces hommes qu’il a formé et à qu’il a donné de l’amour et du bonheur.
A tous ces parents dont les enfants démunis et que le philanthrope qu’était Hichem assurait leur scolarité jusqu’à leur situation professionnelle et tout cela avec discrétion je leur dit merci merci merci pour votre reconnaissance.
Dans le grand cirque de l’existence, quelle consolation de raviver la flamme durable résistante et même plus intensifiée avec les années du souvenir de cet authentique homme qui s’accrochait à sa vocation comme un lierre frais a un mur.
Ce qui a valu à sa stature un énorme succès d’estime même au delà des frontières de son pays natal et votre présence ici le prouve.
Que dire d’autre sur Hichem connu et reconnu en France, notamment il avait eu un destin de rameur dans le service de son cher ami le professeur Yves Allieu, montrant au quotidien un abattage à faire tomber les chênes d’où le stress qu’il emmagasinait ; la suite funeste vous la connaissez la mort et sa brutalité.
A chaque déplacement bénévole qu’il effectuait dans le fin fond de la république c’était toujours pour lui un plaisir de prouver son attachement sans limite aux innombrables patients qui l’attendait, aux dépends des longues années de solitude pour sa famille, enseignant au passage à ses élèves cet esprit bien à lui de se dépenser jusqu’au bout pour cette tache noble du médecin au service de la communauté notion que l’on a cru a un certain moment révolue ; comme le disait si bien Hegel «rien de grand ne s’accomplit dans ce monde sans passion ».
Ainsi pour ta bienveillance et pour ta beauté intérieure, Hichem tu n’a pas disparu ; ta voix ne s’est pas éteinte, tu as légué aux générations futures un message gravé à jamais : s’armer des valeurs fondamentales qui sont le savoir, le travail, le sacrifice et le sens civique.
Je termine par cet adage : « d’où nous vient cette idée furtive que rien n’est fini, d’ou nous vient ce sentiment diffus que tout ne peut s’arrêter comme cela ? ».
Toutes ces questions sans réponses entretiennent un espoir au plus profond de nous, je conclue d’autre part par un souhait profond, je voudrais dire aux chers enfants de Hichem de poursuivre inlassablement le long et dur travail qu’il a commence, son service, son école et la société qu’il a fondé et dont il a été douloureusement et prématurément coupé sont maintenant entre vos mains.
Hichem maintenant a été rappelé à dieu, comme nous le seront tous d’ailleurs, je suis sure que là où il est il doit bien se reposer car il n’a jamais eu le temps de le faire ; je crois même qu’il ne trouvait son repos que dans le travail.
Que dieu lui accorde sa miséricorde.
Veuillez Mme la secrétaire d’état accepter les remerciements de la famille Hichem Bahri et à votre institution qu’est la santé publique et transmettre notre profond respect et gratitude à son excellence le président de la république ZINE EL ABIDINE BEN ALI
HEND BAHRI EPOUSE DU PROFESSEUR HICHEM BAHRI
A l’occasion du congrès franco tunisien de chirurgie de la main
TAJ MARHABA Sousse : les 30 Avril 1er 2 Mai 2009 |